Université Sainte-Anne
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André Roberge est assis dans son bureau d’où il a une très belle vue sur la baie Sainte-Marie, et sur Digby Neck que l’on voit à l’horizon.
C’est l’un des quelques moments de tranquillité que se permet ce recteur d’université fort occupé, car il n’est pas facile de gérer le campus de l’Université Sainte-Anne à Pointe-de-l’Église, avec ses 440 étudiants à temps plein, et les autres campus de l’université à Halifax, Tusket, Chéticamp et Petit-de-Grat qui eux comptent 1 050 étudiants à temps partiel.
« J’aime la beauté du paysage ici, le réseau de sentiers de randonnée et la mer devant nous, et les étudiants qui travaillent fort en vue de leur formation ont aussi une vie très agréable sur le campus », de dire M. Roberge qui est recteur ici depuis huit ans, après avoir été vice-président aux affaires universitaires francophones à l’Université Laurentienne à Sudbury.
La moitié des étudiants à Pointe-de-l’Église sont inscrits au baccalauréat en éducation ou inscrits à un baccalauréat ès arts qui les mènera au domaine de l’éducation.
« Nous offrons également des programmes en affaires, des programmes généraux en arts et des programmes en sciences naturelles », de dire M. Roberge qui fait remarquer que les cinq campus sont reliés électroniquement pour les classes en téléconférence. « L’année prochaine, nous aurons un programme de baccalauréat en éducation de deux ans offert simultanément dans tous les campus. »
M. Roberge exprime sa fierté devant une initiative qui place son petit établissement à l’avant-plan de toutes les universités au Canada.
« Puisque nous sommes un petit établissement installé dans un endroit boisé, nous pouvons faire ce qu’aucune autre université ne peut faire, soit éliminer les gaz à effet de serre de notre système, dit-il. Nous sommes un campus vert. »
Parmi les initiatives vertes, notons le remplacement de la chaudière au mazout par une chaudière aux copeaux de bois, réduisant ainsi les gaz à effet de serre de près de 100 pour cent, l’installation de 100 panneaux solaires pour chauffer l’eau des résidences, ce qui, d’après M. Roberge, « fournira la moitié de l’eau chaude dont nous avons besoin », et l’ajout de dispositifs d'énergie éolienne. De dire M. Roberge, « Nous aurons bientôt une ou deux éoliennes sur le campus pour produire de 10 à 15 pour cent de l’énergie dont nous avons besoin. Nos dépenses de chauffage seront réduites de moitié. »
L’université se servira de cet aspect comme outil de recrutement et élaborera de nouveaux cours en sciences de l'environnement qui seront offerts dans les différents programmes.
L’initiative verte a été lancée en 2002 lorsque M. Roberge est arrivé au Campus et qu’il a travaillé à une campagne de financement axée sur l’énergie éolienne. Puis, en 2004, lui et les représentants du campus ont visité une ville autrichienne qui se qualifie de centre de l’énergie renouvelable.
« Cela nous a donné l’inspiration pour l’installation de notre chaudière à la biomasse », dit-il. L’idée a fait son chemin et avec l'aide de 2,5 millions de dollars provenant des gouvernements fédéral et provincial, la construction devrait commencer sous peu.
Les étudiants embarquent aussi. Rose Madden de Tusket, étudiante de quatrième année en affaires, a toujours habité en résidence durant ses études universitaires et elle est tombée amoureuse des petites classes et de l'attention personnelle que les professeurs accordent aux étudiants.
Sachant que le ratio professeurs-étudiants est d’environ un professeur pour dix étudiants, souligne Mlle Madden, « nous ne sommes pas simplement un numéro. Nous avons un excellent rapport avec les professeurs et les autres étudiants. Nous faisons partie d’une famille. »
Vivre dans une petite communauté isolée permet aux étudiants de se plonger dans la vie du campus et, par le fait même, de développer d’excellentes qualités de leadership. Prenez, par exemple, la participation de Mlle Madden au programme Students in Free Enterprise (SIFE), un programme parascolaire qui organise des activités et des projets pour démontrer les qualités de leadership.
« Nous avons fait compétition à l’échelle régionale et à l’échelle nationale, dit-elle. Le printemps dernier, nous étions une des six universités canadiennes à participer à un projet pilote de compétition, For the Greener Good Challenge, projet qui enseignait à des aspirants chefs d’entreprises comment prendre des décisions viables au plan de l’environnement. »
Sa participation l’a sensibilisée davantage à l’environnement et l’a rendue plus fière de ce que l’université fait dans le cadre de son programme d’énergie renouvelable.
Selon M. Roberge, l’Université Sainte-Anne est l’une des trois seules universités au Canada atlantique où les inscriptions ont augmenté chaque année depuis trois ans.
« À mon arrivée, il y avait 300 étudiants et il y en a maintenant 440. Dans trois ans, nous serons plus de 500. Nos résidences seront pleines mais pas toutes nos classes, qui peuvent accueillir 600 étudiants. Si nous atteignons ce point, nous bâtirons de nouvelles résidences.
L’université attire des étudiants francophones des provinces de l'Atlantique mais peu d'anglophones. Ces derniers, issus du programme d'immersion française, ont le sentiment de connaître suffisamment de français pour se débrouiller, note M. Roberge, mais après leur premier diplôme, ils viennent à Sainte-Anne pour un diplôme d’études en français.
Il y a aussi une augmentation des inscriptions de la part d’étudiants étrangers, des étudiants venant surtout d’Afrique et du Moyen-Orient.
Le programme « emploi garanti » est un autre attrait. « La plupart de nos étudiants n'ont aucun problème à se trouver un emploi. Ils sont bilingues et en demande, de dire M. Roberge. Mais s’ils ne peuvent pas se trouver de travail, nous leur offrons des études gratuites s’ils reviennent. Jusqu’à maintenant, personne n’est revenu. »

