Festival acadien de Clare

Festival Acadien de ClareSite web : http://www.festivalacadiendeclare.ca

Par un doux samedi soir de la mi-août, des centaines de personnes s’installeront le long de l’étroite route de campagne qui traverse la municipalité de Clare pour taper sur les fonds de leurs vieux pots et de leurs vieilles casseroles, dans un geste qui crie haut et fort leur fierté vis-à-vis de leur patrimoine acadien.
Ce « tintamarre » marquera la fin des deux semaines du Festival acadien de Clare cet été. Ce festival est le plus ancien festival acadien en Amérique du Nord.

« Le tintamarre sert à exprimer notre fierté vis-à-vis de nos racines acadiennes et à montrer qu’il y a des gens qui sont toujours forts, explique Marc Boudreau, président et directeur artistique du festival annuel en Nouvelle-Écosse. Vous entendrez jusqu’à 1 500 personnes d’un bout à l’autre de la municipalité qui taperont sur les fonds de leurs vieux pots et de leurs vieilles casseroles ou feront tinter leur klaxon pendant le défilé. »

Depuis 1956, le festival de Clare est un événement où se concentre la fierté des gens vis-à-vis de la richesse de l’histoire et de la culture des Acadiens, qui remonte à 400 ans en Nouvelle-Écosse. Le festival se sert de la musique, de la danse, de la nourriture, du théâtre et d’activités sociales de toutes sortes pour rassembler les membres du peuple acadien de partout en Amérique du Nord et pour célébrer cette culture unique en son genre dans la splendide province de la Nouvelle-Écosse.

Les racines du festival se trouvent dans l’initiative d’un diocèse catholique du Québec en 1955, qui a décidé de marquer le 200e anniversaire de la déportation du peuple acadien. Plusieurs célébrations ont été organisées à travers l’est du Canada. Les gens de Clare ont vraiment adopté cet événement et en ont fait depuis une célébration annuelle du patrimoine.

La municipalité de Clare est souvent appelée la « rive acadienne française ». Elle se situe à l’extrême ouest de la Nouvelle-Écosse et longe la splendide baie Sainte-Marie, entre Yarmouth et Digby. Cette région est le cœur et l’âme de la culture acadienne en Nouvelle-Écosse.

La population majoritairement francophone de Clare, qui compte généralement près de 9 000 habitants, gonfle pendant les deux premières semaines d’août, lors du Festival acadien. Depuis 2005 et le 50e anniversaire de l’événement, le festival est une fête de deux semaines qui va du dernier samedi de juillet à la fête de l’Assomption en l’honneur de Marie, sainte patronne de tous les Acadiens.

Le festival de cette année est bourré de divertissements et d’activités bon enfant et puise dans les réserves incomparables d’hospitalité des Néo-Écossais. Le gala d’ouverture se déroulera au Club social de Clare, à Petit-Ruisseau, et comprendra la célèbre chanteuse acadienne Edith Butler, ainsi que de nombreux artistes de grande qualité de la région — musiciens, danseurs, acteurs, artistes visuels et conteurs — rendant hommage aux pionniers de la culture acadienne.

Clare est jumelée avec trois communautés en Louisiane et a noué des liens avec ces communautés de Cajuns. Pour souligner ces liens culturels étroits entre la Nouvelle-Écosse et la diaspora acadienne, M. Boudreau va faire venir le violoneux cajun Waylon Thibodeaux et le groupe Bruce Daigrepont Cajun Band, qui sont deux vedettes bien connues des Cajuns qui ont joué au festival de Clare par le passé.

« Nous avons toujours une soirée cajun, avec tous les musiciens de la Louisiane et de la cuisine cajun », explique M. Boudreau. Le pot de gumbo va mijoter au « fais-dodo » en Acadie!

Le festival attire régulièrement de nombreux spectateurs, y compris des dizaines de fidèles qui font le voyage de la Louisiane pour la soirée cajun, avec ses morceaux d’accordéon et de violon qui rendent la douce atmosphère d’été électrique. « La moitié des gens viennent là exprès et l’autre moitié est toute contente de tomber sur une telle fête », s’esclaffe M. Boudreau.

Chaque année, les organisateurs du festival se réjouissent à l’idée de revoir un fidèle bien spécial du festival qui revient chaque année. Il s’agit d’A. J. Leblanc, Louisianais de 71 ans, qui vient au festival depuis de nombreuses années pour se replonger au plus près de ses racines, qui remontent à il y a plus de 200 ans, dans la région de Clare.

D’autres Louisianais ont acheté une résidence d’été dans Clare et reviennent chaque année pour renouer les liens. Ces racines acadiennes communes qui s’étalent sur plus de 250 années permettent facilement de rassembler les gens dans l’atmosphère détendue de la communauté.

Les points saillants de cette année seront aussi le souper de l’Ordre du Bon Temps, qui fait son retour après son inauguration l’an passé. Ce souper inspiré de l’initiative « Taste of Nova Scotia » se fonde sur l’ordre créé par Samuel de Champlain en 1606 pour remonter le moral de ses officiers et de ses hommes pendant les longues soirées d’hiver à Port-Royal. Monsieur de Champlain lui-même sera présent au souper le 8 août à la salle de la Légion de Saulnierville.

Chaque année, le festival choisit deux personnes de la communauté pour incarner les figures mythiques d’Évangéline et de Gabriel, du poème épique de Longfellow sur la déportation et la tragédie du déchirement du peuple acadien.

Deux jeunes habitants de Clare, Jacques Blinn et Melissa Comeau, représenteront le festival cet année et porteront le costume traditionnel de leurs ancêtres. Ils sont tous deux des musiciens qui jouent toutes les semaines avec leur groupe Carions dans les restaurants de la région.

Avec la concurrence rude pour s’attirer les dollars des touristes en Nouvelle-Écosse, le Festival acadien de Clare cherche à toucher des auditoires ciblés, en soulignant fortement la teneur acadienne de l’événement. Il se sert de publications touristiques régionales, de publicités ciblées à la radio et à la télévision et d’une campagne sur Internet pour faire passer le mot partout dans le pays concerne ce rassemblement bon enfant et charmant.
M. Boudreau, qui est également chef de bureau dans une quincaillerie de la région, prévoit que le nombre de participants au festival restera élevé cette année, avec jusqu’à 40 000 personnes sur les deux semaines.

M. Boudreau et son comité organisateur cherchent à trouver un équilibre entre la célébration des traditions culturelles du peuple acadien de la Nouvelle-Écosse et des aspects plus contemporains, afin d’encourager les jeunes à s’investir dans l’histoire de leur propre culture.

« Nous essayons, dans chaque activité, d’avoir quelque chose qui nous rappelle d’où nous venons et où nous allons. »