Le Conseil de développement économique de la Nouvelle-Écosse (CDÉNÉ)
Site web : http://www.cdene.ns.ca
Le bureau de Julie Oliver vous invite à vivre l’Acadie. Une enseigne en bois fabriquée à Pubnico vous souhaite : « Bienvenue ». Le dessin combine la croix de Grand-Pré, symbole de la déportation, et des danseuses acadiennes. Le drapeau acadien flotte et des symboles du lien avec les Cajuns, comme un masque du Mardi Gras, complètent le tableau.
La promotion de la culture et des produits acadiens est le travail quotidien de Julie Oliver, directrice administrative du Conseil de développement économique de la Nouvelle-Écosse (CDÉNÉ). Comme elle l’explique, le CDÉNÉ est un organisme à but non lucratif qui œuvre dans le domaine du développement économique et cherche par là à améliorer les perspectives des communautés acadiennes et francophones en Nouvelle-Écosse.
Prenez, par exemple, Expo Acadie, un événement conçu et organisé par le CDÉNÉ. Cette exposition, qui a eu lieu à Halifax en juin 2008, se déroule tous les deux ans et s’est également rendue en Louisiane.
« Expo Acadie est une mission exploratoire internationale, explique-t-elle. Elle permet aux entreprises du Canada atlantique de faire la promotion de leurs produits et de leurs services à une échelle internationale. Il s’agit probablement de la seule exposition de ce type au Canada qui fasse la promotion de produits et de services à teneur acadienne. »
Au moyen de présentoirs et de rencontres en tête-à-tête, les entreprises acadiennes et francophones de la région attirent sur leur travail l’attention de clients potentiels des autres provinces canadiennes, de la France, de Saint-Pierre-et-Miquelon et des États-Unis. Mme Oliver indique que, en plus des possibilités de faire des affaires et de nouer des liens, l’exposition offre des séances d’information et des ateliers de formation sur des sujets pertinents, comme l’expansion des entreprises et les réseaux de distribution.
« La plupart de ces entreprises sont des micro-entreprises ou de petites entreprises qui n’ont pas les ressources humaines nécessaires pour faire des recherches, nouer des liens ou aller explorer de nouveaux marchés. C’est donc nous qui leur offrons tout ceci dans un seul et même cadre. »
Grâce à des liens noués lors d’une telle exposition, June Deveau, artiste acadienne, entrepreneur et membres du CDÉNÉ, a fait exposer ses œuvres à la Cité des Arts à Lafayette, en Louisiane.
June Deveau est propriétaire de la galerie June Deveau Galerie Studio au village acadien de Saint-Alphonse, sur la rive acadienne française de la région de Clare, en Nouvelle-Écosse. Elle décrit la thématique de son œuvre, qui dépeint souvent des scènes acadiennes du passé, comme étant « de l’art dans un dialecte acadien ».
Mme Deveau dit du CDÉNÉ qu’il l’a « beaucoup aidée à nouer des contacts » et lui a « offert la possibilité d’exposer [ses] œuvres de diverses manières et de faire la promotion de [son] entreprise ».
Le CDÉNÉ a un autre projet pour promouvoir les entreprises acadiennes et francophones en Nouvelle-Écosse, qui est un programme de prix récompensant l’excellence en entrepreneuriat.
« L’une des caractéristiques des Acadiens est qu’ils sont très modestes et n’aiment pas parler trop d’eux-mêmes, parce qu’ils ont l’impression de se vanter, explique Mme Oliver. Mais petit à petit, nous leur faisons comprendre que, s’ils veulent que les autres croient en leurs produits ou services et accordent de la valeur à ce qu’ils ont à offrir, il faut qu’ils leur montrent qu’ils croient en eux-mêmes. »
La structure organisationnelle du CDÉNÉ est conçue en fonction des besoins des communautés acadiennes et francophones. Comme l’explique Julie Oliver, sous l’égide du CDÉNÉ, on trouve :
• le tourisme acadien – Il s’agit de s’assurer que l’expérience acadienne figure bien dans les activités touristiques en Nouvelle-Écosse. « Je pense que la culture acadienne ajoute à la richesse touristique de la province et cela intéresse beaucoup de gens. »
• le Réseau de développement économique et d’employabilité Nouvelle-Écosse (RDÉE) – Ce réseau travaille en collaboration avec les communautés acadiennes et francophones de Chéticamp, de l’Isle-Madame, d’Halifax, de Clare et d’Argyle pour développer leurs capacités en matière de développement économique durable. D’après le CDÉNÉ, entre 2005 et 2007 le RDÉE a participé à 28 projets d’une valeur totale de 6 millions de dollars.
• le Centre d’aide en affaires et en entrepreneuriat (CAAE) – Ce centre d’aide aux entreprises est le seul centre bilingue de ce type en Nouvelle-Écosse et il œuvre en partenariat avec l’Université Sainte-Anne pour offrir tout un éventail de services de grande qualité aux entreprises et aux organismes à but non lucratif des régions acadiennes et francophones de la Nouvelle-Écosse et pour offrir des services d’emploi dans les régions de Clare et d’Argyle. Dans la catégorie des services d’emploi, on a compté plus de 1 700 contacts avec de nouveaux clients entre avril 2008 et mars 2009.
L’une des initiatives du CAAE a combiné le souci de préservation de l’environnement et la mise en évidence de débouchés potentiels en matière d’emploi. Avec des fonds du Resource Recovery Fund Board et en collaboration avec l’organisme Waste Check de l’ouest de la Nouvelle-Écosse, le CAAE a entrepris une « étude de faisabilité sur le recyclage des meubles rembourrés dans des ateliers protégés de la région ».
Charles Gaudet, qui était à l’époque directeur par intérim du CAAE, explique : « Nous avons expliqué que tout ce qui n’allait pas à la décharge permettait aux contribuables d’économiser de l’argent. Et cette approche était une manière d’offrir aux ateliers protégés des emplois et d’éviter d’envoyer toutes sortes de déchets à la décharge. »
Grâce aux efforts de deux ateliers protégés, on a ainsi déterminé qu’il était possible de recycler environ 90 pour cent de chaque article de mobilier. Charles Gaudet précise : « Mais bon, est-il financièrement faisable pour ces ateliers protégés de faire ce travail par eux-mêmes sans aide du gouvernement? Nous ne le savons pas encore. Mais nous avons été surpris par la proportion effective de matériaux recyclables. »
La créativité est l’une des forces du CDÉNÉ. Il en va de même pour le dévouement et le travail acharné de sa trentaine d’employés. « Ils veulent voir leurs communautés prospérer », explique Julie Oliver, en ajoutant que les employés et les clients apprécient le fait que les activités se déroulent dans leur langue maternelle.
Mme Oliver souligne le soutien financier du gouvernement provincial et du gouvernement fédéral et la reconnaissance dont fait l’objet le CDÉNÉ. « Nous savons que ce que nous faisons, du point de vue de nos partenaires financiers, profite à la communauté et qu’ils sont très satisfaits de nos résultats, explique-t-elle. Comme notre propre travail est axé sur les résultats, c’est très important. »
Julie Oliver apprécie également les avantages que la Nouvelle-Écosse offre sur le plan des affaires et du mode de vie. Elle dit que l’aéroport international d’Halifax et le port de la ville sont des avantages pour les adhérents du CDÉNÉ, qui font pour bon nombre d’entre eux affaire avec des clients étrangers.
Pour ce qui est du mode de vie, Mme Oliver apprécie les diverses activités de plein air et la beauté de la province. « La Nouvelle-Écosse a vraiment tout à offrir », dit-elle. Et s’il y a plein de choses à faire dans sa propre communauté, il est également gratifiant d’explorer le reste de la province. « On dirait qu’il y a quelque chose de nouveau à découvrir partout où on va. La nature et la culture se combinent pour offrir une expérience d’une richesse qu’on ne retrouve pas partout ailleurs. »


