A.F. Theriault et fils limitée
Gilles Theriault
C.P. 10
La Butte (Nouvelle-Écosse)
B0W 2L0
Tél. : 902.645.2327
Courriel : info@aftheriault.com
Site web : http://www.aftheriault.com/
Imaginez la panique quand un incendie se déclare à bord d’un navire en haute mer. Le feu se propage à grande vitesse, la cargaison précieuse part en fumée, les passagers tournent en rond sans pouvoir s’échapper.
Imaginez maintenant un navire de secours qui déchire les vagues, qui pompe des milliers de litres d’eau par minute et qui transporte assez d’équipement pour sauver des vies. Et qui va vite.
En dépit du fait qu’elle n’avait jamais construit de bateau-pompe par le passé, l’entreprise A.F. Theriault et fils limitée (AFT) de La Butte, en Nouvelle-Écosse, a été retenue à l’issue d’un appel d’offres pour construire un tel navire pour la ville de Portland, dans le Maine. Ce bateau-pompe, qui devrait effectuer son voyage inaugural en juillet, est un navire de 68 pieds à deux moteurs construit entièrement en aluminium, qui comprend une pompe à eau de 10 pouces, des dispositifs à mousse pour lutter contre les incendies et une poignée de jets d’eau. Ce bateau-pompe est également un navire de secours, avec une aire de chargement pour ambulance sur le pont et assez de place pour une demi-douzaine de pompiers.
AFT est en activité depuis plus de 70 ans et s’est constitué une excellente réputation de par le monde pour la qualité de son travail et sa technologie en construction de navires.
Mais le projet de bateau-pompe n’est pas le seul à faire parler de l’entreprise.
L’entreprise européenne Windcat Workboats se sert de navires puissants à haute vitesse construits par AFT pour assurer l’entretien des éoliennes en haute mer du continent. Elle en a déjà achetés 14 et AFT en a quatre autres en cours de construction. L’entreprise Windcat avait besoin de navires durables et fiables et c’est pour cela qu’elle s’est tournée vers AFT, après que des représentants de l’entreprise européenne se sont rendus en Nouvelle-Écosse il y a quelques années de cela pour inspecter un catamaran d’occasion d’AFT localisé à Halifax. Ces représentants ont été si impressionnés par la qualité du navire qu’ils ont fait toute la route jusqu’au chantier naval de La Butte pour rencontrer les gens qui avaient construit ce navire.
« Même si le catamaran avait déjà quelques années, la qualité du travail était excellente », se souvient Neil Clarkson, directeur de Windcat. Le Canada est bien connu pour la qualité de ses entreprises qui travaillent l’aluminium, dit-il, et les représentants de Windcat ont bien vu que l’absence de fissures dans la soudure signifiait qu’AFT était capable de construire des navires durables
M. Clarkson est le premier à admettre qu’il n’est pas tout à fait logique, du point de vue économique, de faire affaire avec un chantier naval si éloigné, mais dans ce cas-ci, cela en valait la peine.
« Le coût du transport était très, très élevé, mais nous préférions travailler avec un chantier naval traditionnel qui était encore une entreprise familiale, chez qui nous pouvions directement parler avec les gens et qui nous donnait ce que nous voulions. À l’époque, en Europe, il n’existait rien de semblable », ajoute M. Clarkson, depuis son bureau de Poulton-le-fylde, dans le nord-ouest de l’Angleterre. Windcat collabore avec AFT depuis près de six ans et dit que chaque navire produit par le chantier naval est encore meilleur que le précédent.
Le capitaine Brian Waters et sa femme Lynn, de Pensacola, en Floride, ont été tellement épatés par leur expérience qu’ils ont acheté une maison en Nouvelle-Écosse, pour pouvoir y séjourner et superviser la construction d’un catamaran d’une valeur de plus de 5 millions de dollars. Les propriétaires de ce bateau aimaient tellement le premier bateau qu’ils avaient acheté d’AFT (un catamaran de 60 pieds) qu’ils ont décidé qu’ils en voulaient une version plus luxueuse.
« Notre projet de construction était très exigeant sur le plan technique pour le chantier naval et nous étions en consultation avec les gens du chantier sur toutes sortes de détails très pointus. Nous en avions beaucoup appris lors du projet de construction du premier bateau et nous avons donc décidé de vivre près du chantier pendant trois ans, de façon à pouvoir nous assurer que nous puissions obtenir exactement le navire que les propriétaires souhaitaient construire », explique M. Waters.
Il décrit le produit fini comme étant un mélange sophistiqué de tradition et de modernité et sans doute le bateau de plaisance construit au Canada le plus avancé sur le plan technique. M. Waters indique qu’AFT a incorporé un grand nombre de techniques de construction spécialisées, avec des méthodes de construction intérieure légère et des technologies inspirées de l’industrie aérospatiale.
Le résultat obtenu est un très grand bateau d’un poids très faible, qui est à la fois économe en carburant et imposant. Il peut faire jusqu’à 23 nœuds et peut jeter l’ancre dans des eaux peu profondes.
L’intérieur de ce catamaran de 80 pieds a été conçu par une équipe de six personnes dirigée par un concepteur de Californie. Il compte six cabines de luxe. Le navire a été lancé en août 2008 et a longé toute la côte est de l’Amérique du Nord pour se rendre au cœur du pays des Cajuns.
Le capitaine Waters est fier de pouvoir souligner qu’il y a un pavillon canadien à bord et un pavillon acadien dans le coffre aux pavillons, tant son expérience en Nouvelle-Écosse l’a marqué.
M. Waters est un mordu d’histoire et est tombé amoureux du riche patrimoine maritime de la province, dans des lieux comme le canal de Shubenacadie. Lynn aime à plaisanter en disant que, à la fin de leur séjour dans la province, c’était son mari qui donnait des leçons d’histoire aux habitants de la région. Pour sa part, elle a même appris à fabriquer des couvertures piquées auprès d’une femme de Yartmouth âgée de plus de 80 ans et le couple reste en contact avec plusieurs personnes de la région.
« Le bateau a répondu à toutes nos attentes; nous croulons sous les compliments », déclare le capitaine. « De fait, il y a même des gens qui nous approchent pour nous dire que c’est le plus beau travail de menuiserie qu’ils ont jamais vu dans un bateau. C’est un compliment très rare de la part de navigateurs expérimentés. Il existe de nombreux constructeurs de très grande qualité dans le monde. »
Gilles Thériault indique que son entreprise a dû se diversifier suite au déclin de l’industrie de la pêche, tout en restant fidèle aux clients qui ont contribué à faire d’AFT ce qu’elle est. C’est pour cela que vous verrez toujours de nombreux bateaux de pêche en construction ou en réparation dans le chantier naval, et non seulement des yachts de plusieurs millions de dollars.
C’est, d’après lui, l’attitude des gens qui l’entourent qui explique la réussite de l’entreprise.
« Pour nos employés, ce n’est jamais une corvée de venir au travail. C’est une attitude qui nous vient de nos ancêtres, d’une culture de gens qui travaillent fort, qui sont fiers de parvenir à des résultats à la fin de la journée et qui ont du respect pour les gens qui obtiennent de tels résultats. »


